Réussite digitale du Maroc et  diplomatie digitale: un binome gagnant.(Pourquoi et comment?)

 

Par Noureddine Sefiani           

 

Le résumé exécutif de la présente recherche et des  propostions pratiques qu’elle contient est synthétisé   dans les 2tableaux  suivants:

  • Le premier contient un ensemble de propositions pratiques pourla réussite digitale.
  • Le second détaille le processus de mise en oeuvre des dites mesures

 

                     Les 5 piliers et les 15 commandements

                     pour une diplomatie digitale efficace:

 

                             1erPilier et ses 3 recommendations

 

 

 

2eme Pilier et see 3 recommendations

 

 

 

 

 

3emePilier et ses 3 recommendations

 

 

 

 

 

4eme Pilliers et see recommendations

 

 

 

 

 

 

5eme Pilliers et see recommendations

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La présente recherche a pour objectif d’expliquer pourquoi la réussite de la politique digitale du Maroc en interne est conditionnée par la réussite de sa diplomatie digitale en externe. En fait la réussite dans ce secteur est conditionnée par tellement de facteurs externes nécessitant une intervention ciblée et une stratégie spécifique dont l’un des piliers consiste en un renforcement du role et des moyens mis à la disposition du Ministère des Affaires Etrangères. L’autre volet de cette étude consiste à présenter un certain nombre de propositions pratiques d’action diplomatique qui pourraient contribuer à la réussite du plan digital du Maroc. Pourquoi? 1)Le digital est devenu un enjeu énorme dans les relations internationales du fait qu’il remet en cause l’un des fondements de base des relations interétatiques à savoir la souveraineté des États. Cette remise en cause concerne les domaines économique et technologique mais touche également les plans sécuritaire et culturel. Sur le plan économique, il y a lieu de rappeler quelques chiffres qui démontrent l’importance des principales compagnies du web par rapport à un grand nombre de pays. C’est ainsi qu’en 2016 leurs chiffres d’affaires en milliards de dollars américains étaient les suivants:


Apple: $ 216; Amazon: $ 136; Google : $ 90; Microsoft: $ 85 Par contre le Produit Interieur Brut du Maroc en 2016 a été de $ 103.6 milliards (Banque Mondiale, 2017) Par ailleurs toutes ces compagnies sont présentes dans tous les pays. Elles sont pratiquement présentes dans chaque foyer. A titre de comparaison le Maroc ne dispose de représentations diplomatiques que dans 96 pays sur un total de 192 États-membres des Nations-Unies.D’un autre coté Facebook compte 2.2 milliards d’utilisateurs actifs par mois, Whatsapp 1 milliard d’utilisateurs par jour et Gmail dispose également d’un milliard d’utilisateurs actifs (Joshua A. Geltzer, 2018) .

En comparaison aucun ministère des affaires étrangères même des pays les plus puissants ne peut se targuer d’avoir une telle audience et par voie de conséquence une telle influence. Enfin ces multinationales grâce à l’utilisation de ce qu’il est convenu d’appeler l’optimisation fiscale arrivent à échapper au fisc de la plupart des pays et ne paient pratiquement des impôts qu’aux Etats-Unis malgré qu’elles brassent des chiffres d’affaires importants dans chacun d’entre eux.

Tout ceci a amené les pays européens à réagir et à essayer de trouver des solutions juridiques pour pouvoir taxer ces compagnies et rétablir ainsi leur souveraineté fiscale pour des activités économiques qui se déroulent sur leur territoire. La réalité internationale de ces multinationales est là et surtout leur puissance financière, de négociations, et de marge de manœuvre au niveau mondial font que le Maroc en général et sa diplomatie économique en particulier doivent non seulement tenir compte de cette réalité mais aussi disposer d’une ligne de conduite claire à leur égard pour pouvoir d’une part les attirer à venir s’installer au Maroc notamment par des mesures d’encouragement sans avoir à payer le prix fort au niveau de la souveraineté, de la sécurité ou du dumping fiscal. Une telle approche s’impose d’autant plus que les géants du Net gèrent un secteur sensible et à haute valeur ajoutée en matière de savoir constituant par là un important enjeu technologique. Par ailleurs et à l’instar de ce que fait l’Australie le digital peut favoriser grandement le développement du commerce extérieur notamment dans sa partie exportations.


L’enjeu technologique est clair et le Maroc a un choix à faire: soit rester consommateur des nouvelles technologies et à supposer qu’il soit autorisé à les acquérir quand il s’agit de technologies de pointe soit devenir producteur même partiellement des dites technologies et devenir une partie prenante, même à une échelle réduite sur le plan international de l’économie du savoir et de l’innovation avec toutes les implications économiques, sociales et en matière de relations internationales que cela entraine. Il y a donc là un problème de dépendance technologique et de disposition des nouveaux instruments et moyens du développement économique et de son accélération qui se pose. La solution passe par la création d’un éco-systeme de technologie numérique au Maroc pour acquérir le savoir nécessaire ce qui requiert une coopération aussi bien avec les géants de l’internet qu’avec les start-up ainsi qu’avec le secteur privé marocain et les universités.

Le ministère des affaires étrangères dans le cadre de sa diplomatie économique en général et digitale en particulier se doit d’accompagner l’action qui sera entreprise en la matière aussi bien par la veille, les contacts notamment avec les start-up localisées à l’étranger en particulier celles dont les détenteurs sont de nationalité ou d’origine marocaine.
La dépendance technologique touche également la sécurité du pays. En effet chaque fois qu’une acquisition de technologie digitale est faite à l’étranger et indépendamment du pays vendeur celle-ci est parfois munie d’une application sous forme de cheval de troie qui permet au pays vendeur de faire la surveillance des activités menées par le pays acheteur grâce à la technologie acquise.

De par la législation existante la sécurité des systèmes d’information au Maroc est du ressort de l’Administration de la défense nationale; toutefois il serait peut-être souhaitable de créer une cellule chargée de la sécurité digitale comme c’est le cas dans certains pays comme les Etats-Unis, au sein du futur Conseil Supérieur de Sécurité (Sefiani, Le Conseil Supérieur de Sécurité du Maroc: Quels enjeux stratégiques, 2012) et dont la création est annoncée par la presse comme prochaine (Media 24, 2018).

Cette cellule pourrait être composée de représentants de tous les secteurs sécuritaires au Maroc qui gèrent le digital, en plus du Ministère des affaires étrangères du département de l’industrie, de l’Agence de Développement du Digital mais aussi du secteur privé et des universities.


Sur le plan culturel la question qui se pose non seulement pour le Maroc mais pour la majeure partie des autres pays c’est de savoir si la diversité culturelle mondiale qui existe actuellement va continuer ou si les valeurs culturelles véhiculées par les géants du Net qui sont tous américains vont dominer le référentiel culturel de l’ensemble de la planète. Comment? Afin de relever les défis sus-mentionnés il y aurait lieu pour le Maroc de considérer que: • La réussite digitale comme une question politique prioritaire • Le digital comme une question primordiale de l’agenda diplomatique du pays • La réussite en matière de diplomatie digitale comme un impératif 2) Les raisons qui militent en faveur de la gestion des questions digitales comme une question politique prioritaire sont les suivantes: En effet loin d’être une simple modernisation des méthodes de travail et de communication des administrations marocaines notamment du Ministère des affaires étrangères, la question du digital doit être pilotée avant tout comme une question stratégique prioritaire nécessitant une attention et une volonté politiques pour pouvoir être mise en œuvre. Il est réconfortant de constater qu’au plus haut niveau de l’État cette volonté a déjà été exprimée à plusieurs reprises par Sa Majesté Le Roi et elle n’a besoin actuellement que d’être traduite par des actes au niveau gouvernemental. A cet égard il y a lieu de rappeler que dans son message adressé aux participants au forum national de la haute fonction publique le 27 février 2018 Le Souverain a clairement indiqué: “Il convient par conséquent de tendre vers une généralisation de l’administration électronique par la fourniture de services à distance et la facilitation pour les différents départements de l’accès commun aux informations”.

Ceci au plan interne; sur le plan international Sa Majesté Le Roi a également indiqué dans le discours adressé au sommet extraordinaire de l’Union Africaine sur la Zone de libre-échange continentale le 21 mars 2018 : “ L’Afrique est en passe de devenir un laboratoire du monde numérique. Le numérique est en train de changer le visage de notre continent…Aujourd’hui plus que jamais il s’avère nécessaire de connecter les marchés africains de manière pérenne. La Zone de Libre Echange Continentale Africaine est un instrument essentiel pour promouvoir ce nouveau paradigme de développement économique centré sur l’innovation, la diversification et l’échange solidaire”.


Il résulte de ce qui précède que l’appui politique est là. Il suffit de le traduire en moyens budgétaires et humains pour le concrétiser. Ceci passe par un renforcement et une implication accrue des Affaires Etrangères. L’objectif étant de permettre à ce département d’accorder une attention particulière à cette question prioritaire en y créant un niveau de décision adéquat. 3) Le digital est devenu une question clé de l’agenda diplomatique international. En effet le digital est discuté sous une multitude de formes et dans un grand nombre d’instances internationales. Il figure dans l’agenda international sous forme de gouvernance du Net, de gouvernance internationale du big data, d’éthique et de gouvernance de l’intelligence artificielle, de cybersecurité ,de fracture digitale…Ces points figurent à l’ordre du jour de plusieurs organisations internationales: l’Union Internationale des Telecommunications (U.I.T) l’Organisation des Nations-Unies (O.N.U) l’Organisation des Nations-Unies pour la Science et la Culture (U.N.E.S.C.O) l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (I.C.A.N.N) le World Economic Forum (W.E.F)…

Ceci étant et quel que soit le nom retenu ou l’organisation ou la question du digital est débattue le Maroc a un rôle important à jouer à cet égard. Pour ce faire le MAECI pourrait préparer des documents de travail ou des propositions qui contiennent les préoccupations des pays du Sud en général, et des pays africains en particulier sur les dites thématiques débattues dans les diverses organisations internationales sus-mentionnées. Tous ces thèmes sont relativement nouveaux pour les pays du Sud et les positions ne sont pas clairement arrêtées à ce sujet.

En prenant l’initiative de préparer des documents qui défendent les intérêts africains ou même ceux du Sud en général, si besoin est en coordination avec d’autres pays comme le Rwanda, le Maroc peut jouer un rôle de leader dans ce domaine à l’instar de ce qu’a fait notre pays lors des négociations de presque deux décennies qui ont été nécessaires pour élaborer la Convention Internationale sur le Droit de La Mer.
Enfin s’agissant du Digital comme question clé de l’agenda international il y a lieu de constater que la Cyber Diplomatie est d’ores et déja devenue un enjeu stratégique pour les Etats et les mesures qui seront adoptées maintenant ou leur absence impacteront le role ,la place et l’influence des Etats sur le plan international. De ce fait le Maroc se doit de jouer un role important sur cette question. A titre purement d’exemple le Maroc pourrait reprendre l’idée émise par David Gosset proposant la création d’une Agence Internationale de l’Intelligence Artificielle (A.I.I.A) comme institution spécialisée des Nations-Unies sur le modèle de l’A.I.E.A (Gosset, 2016). La création d’une telle institution se justifie pour plusieurs raisons : d’abord pour des raisons éthiques et pour éviter les dérapages éventuels dans l’utilisation de l’Intelligence Artificielle qui pourraient se révéler catastrophiques pour l’humanité et pour diminuer la fracture existante entre pays développés et pays du sud qui risque d’accentuer davantage les différences de développement existantes (Chatham House, 2018) . Le Maroc pourrait utilement rédiger un policy paper sur cette question et proposer la création de l’A.I.I.A , ensuite faire adopter cette idée par l’Union Africaine et éventuellement par d’autres organisations régionales auxquelles le Maroc appartient, avant d’entamer une campagne de sensibilisation au siège des Nations-Unies pour pouvoir obtenir le maximum de ralliements à cette idée et son adoption. 4) Afin de concrétiser l’impératif de mise en oeuvre d’une diplomatie digitale réussie il serait souhaitable que plusieurs autres mesures soient prises rapidement: • La désignation d’un haut responsable en charge de ce secteur • La digitalisation rapide du Ministère des Affaires Etrangères.

• La définition d’une ligne éditoriale et de normes de conduite. La désignation d’un haut responsable en charge d’impulser à l’international la stratégie digitale du Royaume devrait normalement etre la première décision à prendre. Pour ce faire il y a lieu de tenir compte des précédents crées par les pays étrangers en la matière et tenir compte également de certaines données spécifiques au cas marocain. Sur le plan international deux formules ont été retenues ; soit la formule danoise qui est celle du Tech-Ambassador c’est à dire un diplomate chargé de la technologie ou celle de l’Australie qui est celle du Cyber-Ambassador c’est à dire une personne chargée de l’ensemble des questions digitales y compris l’utilisation du digital pour faire davantage de commerce ainsi que de la cybersécurité.

Mais qu’il s’agisse du cas danois ou australien, ces deux pays possèdent déjà une infrastructure digitale très développée notamment au ministère des affaires étrangères, y compris une excellente infrastructure en matière de diplomatie publique par le digital; la désignation d’un ambassadeur chargé du numérique vise un objectif précis à savoir gérer au niveau international les nouveaux défis posés par le développement du Net.

Le cas du Maroc est différent. Le Ministère des Affaires Etrangères à l’instar des autres départements ministériels doit d’abord mettre en oeuvre sa propre digitalisation. Mais en plus il doit gérer à l’international les défis, les risques et les dangers auxquels doit faire face le Maroc du fait du digital.

L’exécution de cette mission d’envergure nécessite de mettre au point un plan de mise en œuvre interne des techniques de la diplomatie digitale. En même temps il y a lieu de gérer les questions liées à la diplomatie digitale mondiale en tant que question clé de l’agenda international et ce par le canal des structures existantes ou modifiées si besoin est. Pour toutes ces raisons le Maroc a le choix entre 2 formules: soit considérer que la digitalisation du pays, de son économie et de son administration est une question politique prioritaire qui touche à la souveraineté de l’État notamment dans son aspect numérique et nommer pour son exécution un Secrétaire d’état auprès du Ministre des Affaires Etrangères qui serait chargé de la diplomatie économique, digitale et culturelle.

La nomination d’un responsable à ce niveau non seulement permettrait de disposer de l’appui politique nécessaire pour mettre en œuvre les propositions de diplomatie digitale mais cette personne disposerait de ce fait du poids politique et administratif voulu pour assurer les contacts et la coordination avec les autres départements notamment ceux responsables de la sécurité pour pouvoir gérer à l’international les multiples et complexes problèmes et défis liés à l’acquisition, l’emploi et la gouvernance des technologies liées à l’internet.

Si cette formule n’est pas retenue, la mise en œuvre de la stratégie de diplomatie digitale pourrait être répartie entre deux personnes: d’une part le Secrétaire Général pourrait être chargé de la partie digitalisation en profondeur du Ministère des affaires étrangères tout en mettant à sa dispositions les moyens humains et budgétaires nécessaires pour ce faire; d’autre part le Maroc pourrait lui aussi nommer un ambassadeur chargé du digital mais qui aura la double tache d’être un Tech-Ambassador et à cet égard mener des contacts utiles à l’international et être l’interface nécessaire pour amener aussi bien les grands que les start-up du Net à venir au Maroc pour contribuer à la création de l’éco-systeme digital pour diminuer la dépendance technologique à l’égard de l’étranger et en même temps s’occuper au niveau multilatéral de toutes les questions liées à la gouvernance de l’internet. 5) En ce qui concerne la digitalisation du Ministère des Affaires Etrangères il y a lieu de tenir compte du fait qu’actuellement pratiquement tous les pays ont procédé à une digitalisation plus ou moins avancée de leurs services diplomatiques. Ils exercent de ce fait une partie plus ou moins grande de leur mission par le biais du digital.La tendance générale va dans le sens de la densification et de l’amélioration constante de cet usage.


Il en résulte que l’objectif le plus raisonnable pour le Maroc c’est de prendre le virage digital dès maintenant plutot que de le faire sous la contrainte et suite à la digitalisation de la diplomatie mondiale qui est inéluctable et qui va impacter dans les années à venir aussi bien le modus operandi des diplomates que de la diplomatie . Pour ce faire il serait souhaitable d’agir dans deux directions et se fixer comme objectif que le digital puisse devenir : ● Un moyen d’influence au service de la Diplomatie Marocaine. ● Une méthode de travail habituelle du Diplomate marocain. S’agissant du Digital comme Moyen d’influence au service de la Diplomatie marocaine;trois niveaux pourraient etre envisagés qui requièrent chacun une approche différenciée: -le ou les sites du Ministère des Affaires Etrangères. -les sites des postes diplomatiques et consulaires du Maroc -la présence individuelle des diplomates marocains sur la toile et dans les réseaux sociaux.

Les différents sites qui relèvent du Ministère des Affaires Etrangères doivent etre remaniés de fond en comble aussi bien en ce qui conerne leur design, le contenu de leurs publications , les messages véhicules , ainsi que dans leur système de veille et de réactivité. Une partie de leurs activités pourraient etre confiées à des spécialistes de la communication . Par contre la conception du message à véhiculer devrait etre du resort de diplomates chevronnés. Quant à la présence individuelle des diplomates marocains sur la toile et dans les réseaux sociaux elle nécessite de remplir d’autres exigences. En effet pour atteindre l’objectif du Digital comme méthode de travail du diplomate marocain deux séries de mesures pourraient etre adoptées: la mise à niveau et la formation continue du Personnel existant; revoir le mode de recrutement du nouveau personnel et des modalités de sa formation.Il y aurait lieu probablement de prévoir aussi le recrutement d’une équipe d’ingénieurs pour l’essentiel des informaticiens si possible disposant également d’une formation complémentaire en relations internationales ou en économie. Exiger des futures recrues du Ministère outre la connaissance des langues et des relations internationales d’avoir également une bonne base ,vérifiable,en connaissances informatiques et la pratique du Digital.Introduire dans le cursus de formation des nouveaux cadres dispensé par l’AMED (Academie Marocaine des Etudes Diplomatiques) un module complet sur la diplomatie digitale .


L’objectif recherché est que le Personnel diplomatique marocain et quelle que soit son grade ou sa responsabilité actuelle au service central ou à l’étranger doit pouvoir disposer de trois qualités fondamentales: face à la surabondance et l’instantanéité des informations disponibles, savoir extraire l’information utile pour le Maroc et la Diplomatie marocaine en particulier tout en ayant l’expertise nécessaire pour savoir éviter les fake news et la désinformation si présents dans la Toile.Enfin savoir analyser et utiliser efficacement l’information extraite. L’action digitale proposée en matière internationale devrait reposer sur un thème ou une narration(a “narrative” en anglais ) à caractère global ayant pour but de façonner l’image de marque d’un Maroc qui gagne et qui pourrait etre declinée en plusieurs sous-thèmes et ajustée pour chaque niveau ciblé et non répétitive d’un niveau à l’autre pour éviter la désaffection des visteurs qui auraient la curiosité de vouloir visiter plusieurs sites gérés par le Ministère des Affaires Etrangères .Le thème global qui pourrait etre retenu,;mais ce n’est là qu’une hypothèse initiale de travail est:Le Maroc pluriel dans un monde pluriel.Le “narrative “ du Maroc pluriel pouvant facilement inclure les sous-thèmes de civilisation multiculturelle, multiconfessionnelle etc…Il en est de meme d’un Monde pluriel reflété par la pluralité des partenariats et des échanges fructueux qu’entretient le Maroc un peu partout dans le monde.


Il y aurait lieu également d’envisager deux mesures d’accompagnement dans le cadre de la narration: La définition d’une ligne éditoriale . Celle-ci devrait metre en relief le Maroc en tant que champion de l’unité, de la solidarité et de la diversité. L’autre mesure d’accompagnement est la rédaction d’un guide pratique sur la diplomatie digitale. Ces deux mesures d’accompagnement devraient etre mises à la disposition de tous les diplomates pour leur servir de support dans leurs activités. En conclusion il y a lieu d’observer que ce qui est proposé ici c’est le renforcement du role et non pas la gestion exclusive du digital par les Affaires Etrangères. Par définition les autres départements doivent conserver leurs prérogatives en la matière. Toutefois la composante essentielement internationale de ce dossier, son caractère très sensible car susceptible d’affecter les relations bilatérales comme on l’a vu dans les relations sino-américaines dans l’affaire Huawei, et le fait que beaucoup de pays appréhendent cette question avant tout sous l’angle de la souveraineté et s’assignent comme objectif premier de la sauvegarder militent en faveur d’un renforcement du role et des moyens mis à la disposition des Affaires Etrangères . La réussite digitale du Maroc en interne est conditionnée par la réussite de sa diplomatie digitale en externe. La réussite de ce binome gagnant contribuera à la création d’un Maroc qui gagne que nous voulons tous. Rabat Le 12 juin 2019


NOTES

1- Pour la définition de ce concept voir :Noureddine Sefiani “ A la recherche de la Diplomatie Digitale: Propositions de définition” Etude publiée le 10 juin 2019 dans le site public utilisé par les universitaires www.academia.edu 2- Source Banque mondiale. 3- Joshua Geltzer et Dipayan Ghosh “Tech companies are ruining America’s image” in Foreign Policy Mai 2018.
4- Décret du 21 septembre 2011 portant création d’une Direction Générale des systèmes d’information au sein de l’Administration de la défense nationale. BO du 17 octobre 2011.
5- Noureddine Sefiani «Le Conseil Supérieur de Sécurité du Maroc: Quels enjeux stratégiques” Revue Attawassol No 18 Avril 2012 6- Etre diplomate marocain c’est quoi ? article publié dans Medias24 du 26 avril 2018 7- Discours lu par le Chef du Gouvernement Monsieur Saadeddine El Othmani.
8- « Artificial Intelligence and global geopolitics » Huffington Post 29 juin 2016.
9- Voir “Artificial Intelligence and International Affairs” Rapport de Chatham House de juin 2018.
10-A l’heure actuelle la diplomatie digitale est abordée sous forme de conférences et non pas en tant que cours plein et entier étalé sur toute l’année