Le Terrorisme entre motivation idéologique et instrumentalisation politique

Par MUSTAFA AMALI, Follow au Centre de Recherches et d’Études Géostratégiques - Atlantis, Casablanca, Juillet 2021


RÉSUMÉ


Le terrorisme est traditionnellement l’œuvre d’une minorité qui lutte au nom d’un groupe de référence et qui traduit une fascination pour le pouvoir ou une hostilité envers un Etat ou une communauté donnée ; mais il peut être aussi le fait d’un Etat.Des groupes ou des individus imbus de convictions doctrinales font recours à la violence aveugle pour terroriser des populations au nom de leurs idéaux. Si le terrorisme est multiforme et variable dans le temps et dans l’espace, ses revendications sont généralement exprimées en termes sociaux, économiques ou religieux. Doté d’une forte valeur émotionnelle et symbolique, le terrorisme est d’abord une arme de contestation de l’oppression nationale ou sociale. Mais il est aussi l’outil de l’État au nom de la « sécurité ». Le sens commun en fait une forme de violence s’attaquant à des individus innocents, le plus souvent par le biais d’attentats spectaculaires afin de paralyser, d’intimider les autres membres de la société ou de la communauté visée. Cette violence serait barbare, illégitime dans la mesure où elle s’en prendrait à des individus non concernés par le conflit. Le terrorisme, s’il est d’abord action, n’en recouvre pas moins une notion voisine puisque, dépassant souvent le stade de l’initiative ponctuelle pour devenir une véritable stratégie, il postule l’emploi systématique de la violence, pour impressionner soit des individus afin d’en tirer profit, soit, plus généralement, des populations, soumises alors, dans un but politique, à un climat d’insécurité.On note une évolution dans les motivations idéologiques du terrorisme moderne. Tandis que le terrorisme classique est en déclin, notamment sous l’effet de la fin de la guerre froide et du vif recul du terrorisme marxiste révolutionnaire, on constate une progression du terrorisme ethnique, séparatiste et religieux. Depuis la révolution iranienne et l’invasion de l’Afghanistan par l’armée soviétique en 1979, le jihadisme ou salafisme-jihadiste est la forme prédominante du terrorisme. Le terrorisme est souvent instrumentalisé, à des fins politiques, par les terroristes eux-mêmes, mais aussi par les Etats, qui, au mieux, se livrent à une récupération idéologique du phénomène, au pire, s’adonnent à un véritable terrorisme étatique. Au-delà de l’instrumentalisation de la définition du terrorisme, ce phénomène devient un enjeu politique majeur, aussi bien au niveau international qu’à l’intérieur des Etats. De plus, la lutte menée par les grandes puissances contre le terrorisme au nom de l’idéologie libérale se trouve, paradoxalement, en contradiction avec des valeurs libérales fondamentales. Pour leur part, les médias sont impliqués à plus d’un titre dans le fléau planétaire du terrorisme. Quel que soit leur degré d’indépendance affiché, les médias demeurent une composante principale de l’appareil idéologique de l’Etat, et, en tant que telle, constituent un relai de la politique étatique en contribuant à forger l’opinion publique et à véhiculer une image stéréotypée du terroriste. Paradoxalement, les mass médias, en cherchant l’impact maximum sur leur public, assurent, indirectement, une caisse de résonnance à l’action terroriste. Attentifs à l’impact médiatique sur l’opinion publique, les groupes terroristes s’en servent à leur dessein comme outil de propagande.

Pour l’integralise du rapport, visiter: https://atlantis-center.org/wp-content/uploads/2021/07/RAPPORT-ATLANTIS-SP.pdf


ATLANTIS, centre de recherches et d’études géostratégiques est membre du club de Casablanca